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11.02.2013

Alamine Ousmane Mey (Ministre des Finances): «Notre économie est bonne»


© Josiane TCHAKOUNTE
 
Le ministre des Finances s`est exprimé à la faveur de la visite d`une mission de surveillance économique du Fmi au Cameroun.
 
Six mois après leur dernier séjour au Cameroun, la mission du Fonds monétaire international (Fmi) conduite par Mario de Zamaroczy, revient pour s’enquérir des évolutions enregistrées sur le plan économique et financier. La délégation qui compte dans ses rangs la nouvelle représentante-résidente du Fmi au Cameroun, Boriana Yontcheva s’est entretenue hier avec le ministre des Finances (Minfi), Alamine Ousmane Mey et le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Emmanuel Nganou Djoumessi. Les discussions entre les deux parties s’inscrivaient dans le cadre du prolongement de celles entamées à Tokyo au Japon en octobre dernier, lors des assemblées annuelles Fmi/Banque mondiale.

Il sera aussi question pour cette mission du Fmi de voir si les propositions formulées lors de sa dernière visite ont été prises en compte ou intégrées. Aujourd’hui, les experts du Fmi et de la Banque mondiale vont se pencher sur l’exécution budgétaire de janvier à octobre dernier et faire des projections pour la fin de l’année. A cet effet, une séance de travail avec les administrations concernées est prévue à Yaoundé. Jusqu’à vendredi prochain, la mission s’intéressera entres autres dossiers au budget 2013, à la balance des paiements 2011, au secteur bancaire et financier et à la réforme de la gestion des finances publiques. Quant à l’état de santé actuelle de l’économie camerounaise, des actions prises par l’Etat pour améliorer la croissance du pays, le Minfi apporte des réponses dans une interview accordée à C.T.


Monsieur le ministre, une mission du Fonds monétaire international séjourne au Cameroun et se penchera sur l’état de santé de notre économie. Quelle situation leur avez-vous présentée ?

Globalement, on peut se réjouir de la situation qui fait état d’une bonne performance en Afrique, comparativement à une économie mondiale qui a connu une révision du Fonds monétaire international pour passer de 3,6% à 3,3% pour cet exercice. Le Cameroun, sur le plan macro-économique, a des agrégats qui sont au vert. La croissance est au dessus de 5%, l’inflation en dessous de 3%. Le budget s’exécute normalement en termes de mobilisation des ressources et de financement des dépenses. Le système financier se développe pour accompagner aussi bien le secteur privé que le secteur public. Autant d’éléments qui nous amènent à dire que notre économie est bonne.


Qu’attend le gouvernement de cette mission ?

La mission s’inscrit dans les échanges traditionnels qui visent à passer en revue la situation macro-économique mondiale, apprécier les différents risques qui peuvent se présenter et essayer de prendre les dispositions pour les éviter. Il est également question de vérifier si les éléments d’appréciation, de pilotage de notre économie sont de nature à nous assurer une réalisation sans anicroches de notre budget, à savoir réaliser les 2 800 milliards de F de budget en mobilisation de ressources pour accompagner les projets structurants qui relèvent de la politique des Grandes Réalisations du président de la République afin que demain, nous puissions avoir un cadre économique, un cadre de vie de nature à satisfaire les populations, tel que l’engagement a été pris par le chef de l’Etat.


Dans son rapport de juillet dernier, le conseil d’administration du Fmi indiquait que l’une des grandes priorités pour la politique macro-économique du Cameroun était de réaliser une croissance plus forte et plus solidaire. Qu’est-ce qui a été fait jusqu’ici dans ce sens ?

Le choix qui a été fait, c’est celui de privilégier les projets structurants. Ce sont des projets qui sont créateurs de richesses, générateurs d’emplois et qui vont participer à la création d’un environnement propice à l’investissement. Quand vous avez l’énergie, vous pouvez avoir des entreprises qui se créent. Celles qui existent peuvent augmenter leur capacité. Quand vous avez les infrastructures, les liaisons entre les zones de production et les zones de consommation sont facilitées. Quand vous avez des facilités portuaires, vous êtes à même d’importer ou d’exporter de manière diligente et efficace les produits nécessaires soit en terme de facteur de production, soit en terme d’exportation de produits manufacturés dans votre sous-région. Autant de projets qui vont changer radicalement la physionomie de notre économie, qui vont servir de socle de développement économique, tout en basant ce développement sur des éléments fondamentaux qui sont l’inclusion, la création des emplois durables, la promotion des investissements publics et privés dans un cadre de promotion des affaires digne de ce nom.


Vous avez pris part récemment aux assemblées annuelles du Fmi et de la Banque mondiale. Quelles ont été les principales recommandations pour l’économie camerounaise ?

Evidemment, l’économie camerounaise fait partie de l’économie du reste du monde. A ce titre, nous avons tous en tant qu’acteurs de la situation économique, pris connaissance des incertitudes qui persistent aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, pour tabler sur la nécessaire intégration sous-régionale, la nécessaire diversification de nos échanges, amortir les éventuels chocs exogènes qui sont de nature à perturber l’évolution des pays. Nous avons aujourd’hui la chance d’avoir des partenaires d’origines diverses. Nous avons un marché qui se développe au niveau sous-régional. Tout ceci nous amène à prendre en compte les observations pertinentes du Fonds monétaire qui visent aussi à conduire ces pays qui ont aujourd’hui des difficultés, à prendre les dispositions de nature à les sortir de leur situation et renouer avec des croissances fortes qui vont créer la richesse, les emplois et encourager la stabilité qui est recherchée au niveau mondiale. Nous sommes dans une partie du monde où heureusement, grâce aux richesses du sous-sol, aux relations avec d’autres partenaires dans la sous-région, nous sommes à même de créer une demande intérieure qui porte pour l’instant notre croissance. Cette croissance pourrait être renforcée par la demande extérieure qui aujourd’hui souffre quelque peu, mais qui certainement va connaître une amélioration rapide.


L’économie camerounaise n’évoluant pas en vase clos, est-elle à l’abri des risques qui pèsent sur l’économie mondiale actuellement ?

Il y a plusieurs canaux de transmission des effets de la crise. Les échanges commerciaux constituent l’un des truchements de transmission. Mais, la diversification de ces échanges avec d’autres pays permet d’amortir les chocs exogènes éventuels. Le deuxième canal de transmission, c’est le système financier. Nous avons une connexion qui n’est pas aussi forte avec les systèmes financiers des pays développés qui connaissent aujourd’hui des difficultés. Nous avons pu développer un système financier endogène qui prend de l’ampleur et qui est de nature à satisfaire aux besoins de notre pays, sans avoir à souffrir des demandes qui pourraient aller à l’endroit de nos partenaires extérieurs. Bien entendu, les transferts des capitaux, sous formes d’investissements directs étrangers, d’aide publique au développement, sont aussi influencés. Evidemment, nous nous attelons à créer un environnement des affaires plus propice qui fera en sorte que les investisseurs étrangers et nationaux viennent au Cameroun, tout simplement parce qu’ils auront des taux de rendements internes intéressants et ils pourront faire de leurs investissements, des projets de nature à satisfaire leurs attentes, tout en participant au développement de notre pays.



Source : Cameroon Tribune


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