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10.01.2013

Economie: Les petites foulées des grandes réalisations

© Parfait N. Siki


Un taux de croissance de 6,1%, de nombreux projets d`infrastructures en route, une production pétrolière en hausse. Mais un climat des affaires encore vicié.

Le froid et le chaud. KPDC, filiale d’AES annonce que la construction de la centrale à gaz de Kribi est achevée. Ce qui est synonyme d`une production énergétique supplémentaire de 21.6 MW, soit le tiers de la demande de pointe domestique actuelle du Cameroun. Selon le directeur général d’AES Sonel, Jean David Bilé, interrogé par «Mutations», la centrale à gaz de Kribi permet de couvrir les besoins jusqu`en 2015. Pourtant, prévue pour fonctionner à plein régime dès fin décembre 2012, cette infrastructure ne recevra le gaz nécessaire à son fonctionnement qu`à fin février 2013, du fait d`un retard d`approvisionnement de la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Cette question avait été à l`origine d`une passe d`armes entre la SNH et AES, qui avait conduit à des communiqués à fleurets à peine mouchetés dans les deux camps. La réaction de la SNH montre qu`elle n’a que peu goûté la sortie du Dg d`AES Sonel voulant lui imputer un éventuel retard dans le démarrage de la centrale à gaz de Kribi.
 
Voilà le type de contingences, absolument évitables, qui peut retarder voire compromettre la lancée de l`économie camerounaise, actuellement impulsée par les grands projets. A cet égard, en 2013, le Cameroun n`a pas à rougir. Sur les rails, il dispose du port en eau profonde de Kribi, dont le président du comité de pilotage a annoncé la fin des travaux (actuellement à 35% d`exécution) en 2014, selon les assurances données par le constructeur chinois. «Ce qui signifie que l’essentiel du travail, sera effectué en 2013» ajouté M. Louis Paul Motazé. Le projet de Lom Pangar est lancé et devra se poursuivre en 2013 pour aboutir à une mise en eau partielle dès juillet 2014.
 

DES RETARDS COMPROMETTANTS

Les contingences évoquées plus haut touchent aussi ce barrage de retenue d`eau de Lom Pangar, avec des arrêts de travail consécutifs aux grèves répétitives dues aux difficiles conditions de rémunération imposées par le constructeur chinois. Le barrage de Memvé’ele fait moins parler de lui, mais poursuit son bonhomme de chemin, en même temps que celui de Mekin.
 
Toujours en 2013, le pays va se lancer dans un vaste programme de construction d`infrastructures routières. On peut citer le second pont sur le Wouri, confiée à l`entreprise française Sogea satom, dont on prépare déjà en douce la cérémonie de pose de la première pierre. Le démarrage des travaux de la première tranche de l`autoroute Yaoundé-Douala est envisagé pour le premier trimestre de cette année. Confié à une entreprise chinoise, la première phase du projet s`étendra sur une centaine de kilomètres. Une autre autoroute sera lancée cette année, celle qui permettra de rallier l`aéroport de Nsimalen à la poste centrale de Yaoundé. Le budget de démarrage des travaux est déjà provisionné par le ministère de l`Habitat et du développement urbain.
 
Ces projets d`infrastructures sont à associer à la progression des ressources pétrolières envisagée en 2013. Après plusieurs années de baisse, la tendance haussière de la production va se confirmer en 2013, induisant des recettes pétrolières plus importantes. Le budget de l`Etat en attend 705 milliards, soit près du quart des recettes budgétaires globales. Les recettes pétrolières étaient de 576 milliards en 2012. Voilà par quoi va être essentiellement portée la croissance économique camerounaise en 2013.
 

UNE FORTE CROISSANCE, UN FORT CHÔMAGE


Le gouvernement a fixé le taux de croissance à 6,1% cette année. Le président de la République a réitéré ce chiffre au cours de son discours de l`Etat, le 31 décembre. Mais des experts le jugent très optimiste. Déjà qu`est remise en cause l`estimation gouvernementale de 5,1% pour le taux de croissance du PIB de 2012. Le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) parle de 4,2% et le FMI préfère la prudente formule d`autour de 5%. Citant le Bulletin du même FMI du 12 octobre 2012, M. Maurice Kamto, leader du MRC, parle de 4,4% de croissance économique pour le Cameroun.
 
Malgré cette croissance, quelle que soit son ampleur, elle n`impacte pas encore sur le vécu quotidien des Camerounais. Le chômage reste une réalité étouffante. «A titre indicatif et selon les statistiques disponibles, pour l`année 2012, l`économie camerounaise a créé près de 160 000 emplois dans le secteur moderne. Il est permis d`espérer qu`avec l`accélération de l`activité économique, le mouvement s`amplifiera», a déclaré M. Paul Biya. Le chef de l`Etat n`ignore pourtant pas que les emplois ne se généreront pas automatiquement par la seule croissance économique. Une vraie politique de l`emploi est attendue en 2013, notamment pour les jeunes, les plus durement frappés, qui arrivent en centaines de milliers chaque année sur le marché de l`emploi. La plupart avec des diplômes, mais peu avec une qualification. Pour le moment, aucune mesure annoncée, en dehors des recrutements dans la fonction publique. Ses contempteurs, devant les bons indicateurs économiques, l`attaqueront pourtant sur, le principal point faible de son action: insuffisance de l`offre d`emplois.

Pour l`agriculture, le gouvernement semble comme sans imagination sur comment transformer le potentiel et les énergies qui se développent dans ce secteur par grappes entières. Pourtant, le président de la République affirme: «l`agriculture est l`atout maître pour assurer définitivement notre développement.» Un choix qui a le mérite de la clarté, mais dont les mesures de concrétisation restent vagues. «C`est pourquoi nous devons à tout prix, mener notre révolution agricole à bon terme. Il nous faudra pour cela moderniser nos méthodes, mieux former nos agriculteurs, tirer parti du progrès scientifique, trouver des financements innovants, en d`autres termes, passer à l`agriculture de seconde génération.» Rien sur la banque agricole promise en 2011. Aucune nouvelle de l`usine d`engrais annoncée à Ebolowa.
 

FAIBLE ATTRACTION DES INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS

Seulement, le gouvernement affiche une réelle ambition agricole pour les trois prochaines années, dans le cadre du budget programme (2013-2015). De 278 000 tonnes à 320 000 tonnes pour le cacao de 11 000 tonnes à 25 000 tonnes pour le café arabica; de 50 000 tonnes à 100 000 tonnes pour le café robusta; de 186 000 tonnes à 250 000 tonnes pour le coton; de 1 305 727 tonnes à 1 500 000 tonnes pour le mil et le sorgho; et de 181 817 tonnes à 205 000 tonnes pour le riz paddy.
 
Bien qu`il présente toutes Ces potentialités et tous ces projets, le Cameroun peinera encore en 2013 à attirer une part convenable d`investissements directs étrangers (IDE). Pour le moment, l`Agence de promotion des investissements estime à 0,001% la part des IDE mondiaux qui atterrissent dans notre pays. La Cameroun ne capte que 1% de des IDE en direction de l`Afrique. Une piètre performance-que notre pays doit à un climat des affaires médiocre. Les récents indices de compétitivité Mo Ibrahim et Doing Business le logent dans les profondeurs du classement, alors que Transparency international le considère toujours comme l`un des pays les plus corrompus au monde.
 
Des améliorations ont été observées dans le temps de création d`entreprise, mais le manque de compétitivité du port de Douala par exemple est un vrai frein, malgré les efforts déployés ces dernières années par la direction générale des Douanes. Avec ses 594 milliards de recettes, soit 44 milliards de plus que les prévisions, les douanes font bonne figure dans une zone portuaire où le temps n`est pas l`argent pour tout le monde.




Source : Repères


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